Ave César 

La Planète des singes : Suprématie

Après 2 épisodes précédents réussis, voici enfin la conclusion de l’épopée de César et de sa troupe de singes.

Une trilogie presque darwinienne et peut-être la plus belle vitrine pour la « motion capture » qui va donc se conclure avec ce troisième opus intitulé « Suprématie ». Une œuvre toujours dirigée par l’excellent Matt Reeves qui avait repris la saga après un premier épisode qui posait timidement les bases de la mythologie imaginée par Pierre Boulle.

Exit Jason Clarke et Keri Russel qui donnaient encore un visage sympathique à l’humanité et place à un colonel sans pitié interprété par le très bon Woody Harrelson.

« La Planète des Singes : Suprématie » était attendu comme un des blockbusters de l’été 2017 et une chose est sûre, il ne déçoit absolument pas !

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La guerre mentionnée dans le titre anglais est bien là et s’inscrit totalement dans la lignée du genre approprié.

Après un grand combat final dans le deuxième opus, Reeves ne tente pas de réitérer la même scène dans ce troisième volume même si le film profite d’une très belle ouverture au milieu de la forêt et se termine sur un grand duel haletant entre les deux camps. Les fans qui sont venus chercher un grand combat de plus de deux heures seront déçus, mais les références sont plus à trouver dans les grands classiques du film commando comme « Les canons de Navarone » et dans le film d’évasion à l’image de : « La Grande Évasion », « Le Pont de la rivière Kwai », et bien d’autres …

Matt Reeves démontre toute sa maîtrise des codes en multipliant les références stylistiques notamment avec « Apocalypse Now » pour le personnage de Woody Harrelson, le metteur en scène livre un blockbuster parfait dans lequel on se plaît à suivre César et sa troupe dans leur quête existentielle de ce monde qui veut leur extinction.

Une saga de grande qualité qui surpasse un grand nombre de blockbusters dans sa volonté d’être plus intelligente et de proposer en plus d’un grand spectacle, une réflexion sur la guerre et les convictions des deux camps. Il est surtout question ici, de montrer une fois de plus les mécanismes d’un conflit inévitable, l’évolution d’une guerre, l’opposition idéologique, la volonté de destruction d’une espèce. Le sujet est vraiment passionnant et il est parfaitement incorporé à l’univers imaginé par Pierre Boulle.

Pourtant, Matt Reeves enlève un point qui faisait la force des deux premiers volets, la tendresse qu’avait James Franco et Jason Clarke pour les singes. Le public pouvait encore s’identifier au travers de ses personnages et gardait une empathie équilibrée dans les deux camps. Ainsi, le conflit n’en devenait que plus cruel, tragique et amer.

Cet élément disparaît dans « Suprématie » au contact du personnage de Woody Harrelson malgré l’introduction du personnage de la jeune fille interprétée par Amiah Miller.

Les rapports sont plus stéréotypés, des gentils singes, un vil et méchant militaire et une intrigue moins poussée.

Néanmoins, Reeves arrive à insuffler une ambiance mélancolique et guerrière à son long métrage. Chaque acte a des répercussions et plane sur les personnages. Il n’y a pas de meilleurs films « d’affrontement » que lorsque l’on peut comprendre les idéaux des deux camps en présence. Reeves l’a bien compris et grâce à sa mise en scène intelligente, il nous plonge dans la personnalité des protagonistes principaux, César qui porte tout le poids de la responsabilité des siens sur ses épaules et le colonel qui abandonne toute humanité pour sauver son espèce de l’extinction. Ce n’est pas une guerre physique que nous offre le réalisateur, c’est un conflit psychologique où la vengeance et la cruauté règnent sur toute l’atmosphère du film.

Le réalisateur ne nous épargne rien, il dépeint la guerre dans ses moindres détails (tortures, esclavage, famine, pertes, …). Tous les moyens sont bons pour remporter la victoire ! C’est la loi de la nature.

Il faut de plus souligner une nouvelle fois, le travail gigantesque sur les effets spéciaux, les primates sont encore plus impressionnants que dans les opus précédents. Chaque poil, chaque haussement de paupière, chaque geste bénéficie d’une attention absolument remarquable. Que dire encore de l’environnement qui est presque un personnage à part du long métrage. La nature dans ce qu’il y a de plus beau.

Rien que pour ses effets visuels, « La Planète des Singes : Suprématie » est à voir sur grand écran !

Les acteurs, ou plutôt les singes sont à nouveau superbement retranscrits et paraissent plus humains que les acteurs. Andy Serkis vient de jouer le meilleur rôle de sa carrière (oui meilleur que Gollum) et prouve qu’il est bien le roi de la « motion capture ».

Une trilogie qui donnera envie à tous de se plonger dans l’univers de « La Planète des singes » commencé par le superbe film de 1968.

« Suprématie » est un très bon film, peut-être l’exemple du blockbuster « presque parfait » alliant thématiques intelligentes, actions et réflexions. Un long métrage suffisamment haletant pour embarquer le public, techniquement impressionnant, mis en scène avec élégance, et bourré de références au cinéma de guerre, au western, voire même au cinéma biblique. On a hâte de découvrir Matt Reeves aux commandes de « The Batman ».

Note : 8/10

Julien Legrand – Le 1er septembre 2018

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