« Who you gonna call ? »

Ghostbusters

Les années 80 avaient quand même l’air super ! De la bonne musique, l’invention du walkman cassette, la chute du mur de Berlin, la technologie qui ne cessait de progresser (minitel, polaroïd) et bien sûr… de nombreux films cultes ! Ce n’est finalement pas pour rien qu’Hollywood tente de surfer sur la nostalgie de cette époque en nous offrant des remakes inutiles de franchises fructueuses des eighties (« Terminator », « Robocop », « Conan », « The Thing », …).

Après « Predator » et « Die Hard », il est temps de s’attarder sur un autre film qui a marqué toute une génération et qui a aussi eu droit à son remake : « Ghostbusters » ou « SOS Fantômes ».

Mais qu’est ce qui rend le film d’Ivan Reitman si attachant pour qu’il continue à traverser les âges sans difficulté ? Éléments de réponse.

Résumé :

Peter, Raymond et Egon effectuent des recherches sur la parapsychologie. Virés par le Doyen de la faculté, ils décident de fonder une société destinée à chasser les revenants. Son nom : S.O.S. Fantômes. Le succès frappe tant et si bien à leur porte qu’ils en sont bientôt à travailler à la chaîne.

Au début des années 80, Dan Aykroyd présente la première version de son script de « Ghostbusters » qu’il a co-écrit avec John Belushi à Ivan Reitman. Le réalisateur y voit un film riche et intéressant mais qui coûterait trop cher à mettre en œuvre.

En effet, le scénario de départ proposait une histoire bien plus sombre dans laquelle les chasseurs de fantômes voyageaient de planète en planète dans un univers futuriste aux dimensions parallèles.

L’histoire est finalement remaniée avec l’aide d’Harold Ramis (à qui l’on doit ensuite le jubilatoire « Un Jour Sans Fin » avec Bill Murray) pour prendre place à notre époque dans la ville de New York. Columbia Picture accepte de produire le film pour un budget de 30 millions de dollars, ce qui à ce moment-là, représente un pari risqué.

La production constitue ensuite son casting dans lequel on retrouve les scénaristes Dan Aykroyd, Harold Ramis, excepté Belushi (mort d’une overdose en 1982). Ils sont secondés par Bill Murray alors grand comique dans le « Saturday Night Live », Sigourney Weaver, alors au sommet après « Alien, le huitième passager » (1979) de Ridley Scott, Rick Moranis et Ernie Hudson.

Tout ce beau monde sera accompagné par une bande originale de qualité composé par Elmer Bernstein (également à l’œuvre sur « La Grande Évasion ») avec en plus, la chanson culte de Ray Parker Jr. (tube mondial vendu à plus de 27 millions d’exemplaires) ou encore Mick Smiley avec son « I belive it’s magic ».

« Ghostbusters » ce n’est pas simplement l’une des meilleures comédies fantastiques du cinéma, c’est également un film qui fait partie de ces rares œuvres qui ont contribué à redonner à New York ses lettres de noblesse dans l’inconscient collectif.

Au début des eighties, la capitale culturelle mondiale souffre d’une image de ville du crime, une cité violente et appauvrie (en 1981, l’année est nommée « a most violent year », il s’agit du plus haut taux de criminalité jamais enregistré par la ville). L’industrie du divertissement l’a depuis longtemps délaissée pour se délocaliser à Los Angeles, à l’exception notable de quelques pépites comme le « Saturday Night Live » dont comme dit plus haut Bill Murray est issu.

Grâce au succès critique et populaire de « SOS Fantômes », c’est une nouvelle vie qui commence pour Big Apple. Une véritable réussite avec près de 300 millions de dollars récoltés au Box-Office mondial. Le long-métrage se paye même le luxe de devenir la deuxième plus grosse réussite de l’année aux États-Unis, juste derrière « Le Flic de Beverly Hills ».

L’ironie réside dans le fait que, la ville n’a pas vraiment aidé la production pour le tournage au départ. En effet, l’équipe a fait sans les autorisations locales pour tourner à Chinatown, au Rockfeller Center et même sur la 5ème avenue.

Cette réussite, le film la doit en grande partie à ses anti-héros terriblement attachants : Venkman (formidable Bill Murray tout en improvisation) est un coureur de jupons égocentrique et roublard, Stantz (Dan Aykroyd) un grand enfant passionné par son métier et Spengler (Harold Ramis) un savant inspiré parfois un peu loufoque, sérieux et imperturbable. L’inverse de ce que Hollywood avait l’habitude de proposer à l’époque.

Un savoureux mélange d’humour et de gentils frissons, ne prenant jamais son contexte fantastique de haut, le traitant avec tout le respect qui lui est dû et ne versant à aucun moment dans la parodie grotesque.

Reitman et Aykroyd ont imposé une nouvelle sorte de blockbuster à gros budget, sans véritable tête d’affiche et avec des personnages principaux saugrenus. Une telle référence que personne n’avait trouvé la formule idéale pour un troisième volet, pas même Dan Aykroyd, qui s’est maintes fois cassé les dents sur l’exercice. Il aura fallu attendre 2014 pour que Paul Feig mette le nez dedans et décide de rebooter la franchise. Le réalisateur de « Spy » et « Mes Meilleures Amies » n’aura réussi qu’à nous offrir un hideux remake qu’on aimerait oublier au plus vite.

Parfaitement rythmé par un Ivan Reitman qui ne retrouvera jamais pareille alchimie dans sa filmographie et écrit avec tout le talent nécessaire, « Ghostbusters » doit énormément aux interactions entre ses personnages, à la camaraderie et à la bonne humeur communicative qui émane de son trio principal.

Cela fait désormais plus de 30 ans que « Ghostbusters » garde intact son pouvoir de fascination.

Une œuvre drôle, rythmée et visuellement marquante malgré le poids des années qui conserve sans forcer son statut d’œuvre culte. Un film qui ressemble un peu à la rencontre improbable du « Saturday Night Live » et de « Scooby-Doo » porté par sa musique et une poignée de belles séquences cultes (le Bonhomme Chammalow), « Ghostbusters » est un petit miracle aussi drôle que spectaculaire, le remède idéal contre le blues, à consommer sans modération.

Note : 8,5/10

Julien Legrand – Le 22 septembre 2018

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