sans foi(e) ni loi

Des hommes sans loi

La prohibition aux États-Unis a toujours inspiré le cinéma, il suffit de voir le succès d’une série comme « Boardwalk Empire ».

John Hillcoat (réalisateur de « La Route » et récemment de « Triple 9 ») s’attaque donc à une période difficile des États-Unis avec « Des Hommes Sans Loi » présenté au Festival de Cannes en 2012. Le cinéaste tente de faire renaître le film de gangsters qui faisait le bonheur du cinéma hollywoodien des années 30. 

Au menu, la prohibition, des truands charismatiques, des flics corrompus, des armes et des vieilles voitures. 

Le metteur en scène nous propose de découvrir la famille Bondurant, qui a vraiment existé et dont les exploits ont été racontés par le petit fils de l’un d’eux dans un ouvrage intitulé « The Wettest Country in the World »

Hillcoat a recruté pour son film un casting cinq étoiles avec Tom Hardy (« Dunkerque »), Guy Pearce, Jessica Chastain, Jason Clarke, Gary Oldman, Shia LaBeouf, Mia Wasikowska et Dane DeHaan.

Beaucoup de talents et des bandes-annonces qui laissaient présager un polar historique nerveux et de qualité. On attendait donc du très bon.

Résumé : 1931. Au cœur de l’Amérique en pleine Prohibition, dans le comté de Franklin en Virginie, état célèbre pour sa production d’alcool de contrebande, les trois frères Bondurant sont des trafiquants notoires : Jack, le plus jeune, ambitieux et impulsif, veut transformer la petite affaire familiale en trafic d’envergure. Il rêve de beaux costumes, d’armes, et espère impressionner la sublime Bertha… Howard, le cadet, est le bagarreur de la famille. Loyal, son bon sens se dissout régulièrement dans l’alcool qu’il ne sait pas refuser… Forrest, l’aîné, fait figure de chef et reste déterminé à protéger sa famille des nouvelles règles qu’impose un nouveau monde économique. Lorsque Maggie débarque fuyant Chicago, il la prend aussi sous sa protection. Seuls contre une police corrompue, une justice arbitraire et des gangsters rivaux, les trois frères écrivent leur légende : une lutte pour rester sur leur propre chemin, au cours de la première grande ruée vers l’or du crime.

(Allociné)

 

Le cinéaste inscrit dès le départ son histoire pour qu’elle reste gravée dans la roche. Il imprègne directement une ambiance pour conter un récit réaliste d’hommes virils aux exploits fantastiques dans cette Amérique en proie aux révoltes contre l’effondrement du pays post crise de 1929. 

 

« Des Hommes Sans Loi » est une plongée à mi-chemin entre western et film de gangsters parce qu’il est en équilibre entre les deux genres. 

 

Une belle œuvre qui renvoie vers une nostalgie d’un ancien cinéma depuis longtemps oublié. Par rapport au roman qui inventait pas mal péripéties par manque de documentations, le scénario de Nick Cave (chanteur notamment du générique de « Peaky Blinders » reconverti ici en scénariste) et de Hillcoat, fait des merveilles en tirant le meilleur de l’œuvre littéraire pour offrir une fresque magistrale réunissant tous les codes et l’ambiance d’une époque marquante. 

 

Des thèmes chers à la prohibition sont omniprésents comme la lutte contre la loi excessive et tyrannique, la pression de la police contre les trafiquants d’alcool ou encore les règlements de comptes entre truands.

Une période trouble et difficile après la crise de 1929 qui avait conduit à l’expansion des petits trafics et à la naissance de gangsters de renoms comme Al Capone et John Dillinger. Mais « Des Hommes Sans Loi » n’est pas l’histoire classique des gangsters, mais bien celle d’une petite famille de gentils trafiquants et fabricants d’alcool sans grandes ambitions qui tentent de survivre dans une Amérique en pleine récession. 

Un récit émouvant et dramatique sur une fratrie hors du commun, une histoire passionnante sur un amour fraternel, un polar historique, une romance délicate, bref une œuvre efficace agrémentée de quelques scènes de fusillades parfaitement mises en scène.

 

Une nouvelle preuve de l’inspiration cinématographique que cette période violente nourrit. Un film sobre, sans surenchère bien soutenu par une réalisation intelligente et inspirée.

Une œuvre qui se déguste comme un bon vin et qui embarque le spectateur dans un récit captivant où des paysans campagnards cultivent l’illégalité. Des personnages crédibles parfaitement interprétés par des comédiens de talent comme Tom Hardy qui n’en finit pas de prouver tout son génie et qui impressionne à chaque regard et grognement.

« Des Hommes Sans Loi » est un excellent film de genre porté par sa rigueur et son casting exceptionnel, une splendide fresque familiale qui confirme que le cinéma américain ne se résume pas qu’à des blockbusters amers !

 

 

Note: 8,5/10

 

Julien Legrand – 28 février 2018

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