« Une résistance intérieure ou une vie gâchée ? »

Une Vie Cachée

Au siècle dernier Terrence Malick était un réalisateur rare, très rare (d’autant qu’il ne donne jamais d’interviews), souvent acclamé lorsque sortait enfin un de ses longs métrages. Alors irez-vous voir le nouveau Malick et vous laisserez-vous griser par ses préoccupations christiques dans ce biopic historique ?

Notre avis sans trop déflorer le sujet comme toujours…

Synopsis :

Franz Jägerstätter, paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Néanmoins, porté par sa foi inébranlable et son amour pour sa femme, Fani, et ses enfants, Franz reste un homme libre. Une vie cachée raconte l’histoire de ces héros méconnus.

Encore un film basé sur une histoire vraie (après « Scandale » et bientôt « Dark Waters ») et même si ici encore l’histoire s’inscrit dans la grande Histoire, on en finit plus de se demander si Hollywood est encore capable de produire un grand et beau scénario qui ne soit pas une Marvelade de plus ou un énième extrait d’une « true story ».

Certes Palme d’or, Terrence Malick bénéficie d’un crédit hors normes mais on peut aussi s’interroger sur ce qui l’a poussé à doubler sa production cinématographique depuis « Tree of life » en 2011. Malheureusement son style un rien emphatique et épique qui faisait sa griffe « La ligne rouge », « Le Nouveau Monde » souffre de redondance et de répétivité et ce qui était un objet de rareté en démarque avec la production classique ne surprend plus.

Beaucoup de films et de documentaires ont été produits sur la montée du nazisme dans l’Europe des années trente. Alors choisir d’installer ses caméras dans les montagnes autrichiennes pour nous immerger dans un charmant village où l’on vit encore comme au 19ème siècle alors que l’Ogre nazi est aux portes ne vous comblera pas tous.

Tout d’abord, parce que Malick se répète, il a déjà tracé maintes fois sa ligne entre le bien et le mal, « le Mal » est d‘ailleurs un mot scandé à l’envie dans ce long métrage. Pire son image de la paysannerie autrichienne ressemble à un fantasme bucolique et sa vision d’un village de montagne plongé dans un beau soleil n’est clairement là que pour jouer le contraste de la noirceur des souffrances à venir.

Là où par contre on s’interroge, c’est sur le casting d’acteurs allemands qui ne jouent pas en allemand alors qu’en voix de fond on entend parler un allemand guttural…comme si là encore on jouait sur le Bien et le Mal mais dans l’expression verbale…un rien dérangeant (mais un procédé qu’il avait déjà expérimenté dans « Le Nouveau Monde »).

Un film lent, presque onirique soutenu par une belle musique de James Newton Howard mais malheureusement identique aux autres films du réalisateurs donc presque sans surprise.

Note : 6/10

Yves Legrand – Le 9 février 2020

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