Rencontre d’un nouveau type 

Premier Contact

Une des plus grandes ascensions de ces dernières années voire même une des plus talentueuses du moment, une filmographie sans accrocs, un parcours sans faux pas.

Denis Villeneuve régale les fans de septième art avec des œuvres qui fascinent, qui obsèdent tout en intelligence et de très grande facture.

Après une plongée dans le polar et les narcotrafiquants avec l’excellent « Sicario », le cinéaste revient dans un registre où on ne l’attendait pas, la science-fiction avec « Premier Contact » Un film qui a tout pour plaire par son casting composé de la talentueuse Amy Adams, le très bon Jeremy Renner et l’excellent Forest Withaker. Bref avec Denis Villeneuve aux commandes, « Premier Contact » a fière allure sur le papier.

Sous ses airs de faux blockbuster de science-fiction, « Premier Contact » prouve qu’on peut sacrifier le spectacle et l’action pour l’intelligence et cela sans tomber dans le film d’auteur ennuyeux. Denis Villeneuve montre une nouvelle fois l’étendue de sa maîtrise et qu’il est un des cinéastes les plus doués actuellement.

Un film brillant porté par une distribution qui joue son rôle à merveille (une prodigieuse Amy Adams toute en sensibilité et en tendresse, un Jeremy Renner sobre et touchant). Une œuvre qui reprend un sujet maintes fois vu au cinéma (des extra-terrestres qui débarquent sur terre) tout en se posant les questions de nos réactions face à ces étrangers mystérieux.

Comment réagir ? Comment communiquer ? Quels sont leurs buts ?

Le cinéaste canadien brasse toutes ces problématiques pour nous distiller un long métrage à la croisée des films tels, « E.T. », « Rencontre du Troisième Type », « La Guerre Des Mondes » et « Contact »…

Un sujet difficile car familier au cinéma et compliqué à réinventer. Pourtant, Denis Villeneuve parvient à accrocher le spectateur magistralement pour lui livrer sa vision du genre à hisser au panthéon de la science-fiction.

Une œuvre qui se découpe en deux temps ; dans sa première partie, le réalisateur pose son univers de façon sérieuse et scientifique pour ensuite offrir une seconde partie qui bouleverse nos conceptions métaphysiques sur notre manière de concevoir le temps et l’espace.

« Premier Contact » immerge le spectateur dans une expérience jamais vue auparavant.

Ajoutons à tout cela une narration exemplaire, une mise en scène créative, subtile et d’une maestria indéniable. « Premier Contact » mérite une attention particulière pour ses qualités visuelles, son montage et sa réalisation d’une beauté exceptionnelle.

Denis Villeneuve réussit un grand tour de force, celui de renouveler un sujet rebattu et de chambouler certains principes de narration. Il arrive même à mettre en image des concepts qui bouleversent notre rapport au monde et au temps. Un film qui oblige le spectateur à oublier tout ce qu’il sait pour percevoir autrement ce qui l’entoure.

La patte « Villeneuve » : partir de la simplicité pour développer la complexité et du spectaculaire à la réflexion.

Une œuvre qui brasse de nombreux thèmes malgré son étiquette de science-fiction moderne. Le cinéaste canadien voyage entre plusieurs genres, tantôt le drame voire le mélodrame et le thriller géopolitique.

« Premier Contact » peut se regarder de façon classique, sa construction gagne en complexité au fil des minutes et donne au film une aura saisissante et poignante.

L’œuvre de Denis Villeneuve est prodigieuse, elle déboussole par sa richesse se savoure lentement mais passionnément. Un film jamais prétentieux, jamais assommant, réalisé par un metteur en scène qui a l’étoffe des plus grands et qui a confirmé tout le bien qu’on pense déjà de lui aux manettes de « Blade Runner 2049».

Note : 9/10

Julien Legrand – Le 3 août 2018

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