À la guerre comme à la guerre !

Opération Jupons

Premier film Hollywoodien du mythique Blake Edwards, le maître de l’absurde, « Operation Petticoat » est un adorable pastiche des films de guerre qui sortaient à jet continu des studios dans les années 50. Vous laisserez vous tenter par cette version remasterisée proposée sur Arte ce lundi 27 avril 2020 ?

Synopsis :

En décembre 1941, aux Philippines, le sous-marin Tigre des Mers est gravement endommagé dès les premiers jours de la guerre avec l’Empire Japonais. Son commandant, Matt Sherman, est aidé par son second, le jusque-là très planqué mais très débrouillard lieutenant Holden, qui déniche au prix de filouteries en tous genres tout l’équipement nécessaire aux réparations, y compris un stock inutilisé de pots de peinture rouges et blancs pour repeindre le sous-marin ! À l’occasion d’une escale sur une île, cinq infirmières-officiers en détresse sont recueillies à bord, mettant le fonctionnement du sous-marin et l’équipage sans dessus dessous…

Cary Grant en commandant à la détermination sans faille et Tony Curtis en beau lieutenant à l’effronterie sans égale sont les deux principaux protagonistes de cette comédie loufoque (nommée aux Oscars  et aux Golden Globes en 1960). Tony Curtis qui était devenu acteur en regardant Cary Grant et ne se fit d’ailleurs pas prier pour lui donner enfin la réplique.

On retrouve déjà dans cette comédie, le choc situationnel qui fera la marque du futur réalisateur de « La Party », « Victor Victoria » et des  iconiques « Panthères roses » et « Diamants sur canapé » ; des situations loufoques et des gags styles Tex Avery s’y mélangent agréablement.

Certes l’arrivée des auxiliaires féminines (les actrices Joan O’Brien, Dina Merrill, Virginia Gregg, Gene Evans) perturbe la vie à bord et les efforts désespérés du capitaine pour conserver dans son submersible un semblant de discipline militaire sont dérisoires et jubilatoires mais Blake Edwards évite cependant l’écueil sexiste. Quoique, on peut s’interroger avec le recul historique, sur certaines plaisanteries carrément sexistes qui n’ont pas ému les ligues bien pensantes américaines ou encore le comportement  de Tony Curtis qui pourrait s’apparenter aujourd’hui à du harcèlement sexuel.

Un film d’époque, réalisé en un temps où les effets spéciaux ne permettaient pas tout et n’importe quoi. Il donnera naissance à une série télé qui n’est pas restée dans les annales. Et si le sous-marin rose a réellement existé, ce ne fut pas dans les conditions décrites dans le long métrage !

Aidé par une bonne bande son de David Rose et Henry Mancini aux ritournelles bien sympathiques, le premier grand succès de Blake Edwards (sa sixième réalisation) est une bonne comédie située durant la seconde guerre mondiale portée par un excellent duo d’acteurs et qui n’a pas trop vieilli contrairement à certaines de ces comédies qu’on nous propose en ces temps de confinement

Note : 6,5/10

Yves Legrand– Le 27 avril 2020

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