Attention : Enfant Dangereux !

Maman, j'ai raté l’avion ! 

Qui n’a jamais rêvé, lorsqu’il était enfant, d’avoir la maison pour lui tout seul et de pouvoir faire tout ce qui lui plaît ? Transformer celle-ci en plateau de jeu grandeur nature, commander des pizzas mais surtout veiller tard et regarder des films interdits aux plus jeunes sont tant de possibilités qui s’ouvrait à nous.

Et c’est ce qui arrive au jeune Kevin (Macaulay Culkin) dans un des films les plus marquants pour les enfants nés dans le sillon des années 80 et 90. Réalisé par Chris Columbus, « Maman, j’ai raté l’avion ! » demeure encore aujourd’hui comme un des films de Noël les plus appréciés du public.

Un succès qu’il doit à des gags de haut vol, au talent d’un jeune acteur confronté à des pointures comme Joe Pesci ou Daniel Stern dans le rôle des « casseurs flotteurs » mais également au message positif qu’il délivre malgré tout. L’ensemble étant mis en musique par le grand John Williams.

Synopsis :

Les McCallister décident de s’offrir un petit voyage à Paris pour les fêtes de fin d’année. Le grand départ se fait de manière un peu précipitée et les parents oublient leur plus jeune fils, Kevin âgé de neuf ans, à la maison. Pour ce dernier, c’est un réel bonheur d’être seul, mais sa tranquillité ne va pas durer longtemps.

 

C’est précédé de sa réputation de scénariste de talent, qu’il a mise au service de comédies familiales cultes des années 80 tels que « Les Goonies » ou « Gremlins », que Chris Columbus se lance dans la réalisation. Une décennie avant de mettre en scène les deux premiers épisodes de la saga « Harry Potter », il réalise son troisième film, et non des moindres, avec « Maman, j’ai raté l’avion ! ».

On sent dès l’entame du long métrage que le réalisateur maîtrise à merveille toutes les ficelles du genre. Filmer des enfants dans un monde d’adultes n’est pas chose aisée, les adultes n’ayant bien souvent qu’un rôle de faire-valoir un brin lourdaud, il manque de crédibilité, on ne croit jamais au fait que les gamins leurs filent entre doigts.

Ce qui n’est pas le cas avec « Maman, j’ai raté l’avion ! » où, grâce à des cadrages à hauteur d’enfant et non plus du point de vue des adultes et à un découpage dynamique, Columbus permet une immersion plus réaliste dans la peau du jeune héros.

Sa mise en scène sert parfaitement le scénario écrit par John HughesBreakfast Club », etc.). Notamment l’enchaînement de situations au milieu de ce chaos ambiant qui permet au jeune Kevin de se retrouver seule à la maison, qui tient sur les dix premières minutes du film est d’une grande efficacité.

Cette scène d’introduction permet au spectateur de s’identifier au jeune héros et aux péripéties qu’il va affronter. Les ficelles sont un peu grosses mais l’on sent surtout que le scénariste s’est posé la bonne question en amont et qu’il y a apporté une réponse qui évite d’être bâclée. Il y a un dosage subtil entre ce qui est probable et ce qui tient plus du fantasme. Un travail d’orfèvre, dosé avec savoir-faire pour en faire une mécanique qui tourne rond.

Le choix de Macaulay Culkin pour incarner le jeune Kevin est plus que probant. Il est tout simplement fait pour ce rôle, avec son regard espiègle et un aplomb de tous les instants qui lui permet de faire mouche, tout en sortant des répliques bien pensées. Il porte le film sur ses petites épaules, avec un réel savoir-faire pour la comédie et une bonne gestion de ses mimiques.

Le duo de vilains Harry et Marv’ tiens quant à lui la dragée haute au jeune acteur malgré des rôle à contre-emploi ; en témoigne la présence la même année de Joe Pesci en mafieux violent dans « Les Affranchis » de Scorsese. Bien qu’au départ, ils ne croyaient pas forcément à la réussite du projet, leur implication en font un duo mémorable, rappelant presque d’autres célèbres duos du genre.

Les gags sont savamment pensés, un soin tout particulier a été apporté aux nombreux pièges imaginés par la petite tête blonde. Comment ne pas se remémorer la scène où Kevin fait fuir le facteur puis les cambrioleurs à l’aide du speech présent sur une VHS, une des scènes les plus hilarantes du long métrage.

Enfin, au-delà du caractère comique de l’œuvre, le scénariste n’oublie de faire passer des messages positifs aux jeunes spectateurs comme l’importance de la famille ou l’acceptation d’autrui malgré les apparences (cf : le vieux monsieur à la pelle dont Kevin devient l’ami). Et si certains clichés tenaces sur les américains jalonnent le long-métrage, l’ensemble n’en souffre absolument pas.

Si « Maman, j’ai raté l’avion ! » fait partie des films cultes des années 90, de ceux que l’on apprécie visionner à chaque périodes de fêtes, c’est grâce à tous ces ingrédients qui le rendent intemporel.

On peut le montrer aux enfants d’aujourd’hui sans pour autant qu’il paraisse désuet. Les gags de l’époque n’ont toujours pas pris une ride, même pour la jeune génération, ils s’identifieront tout autant au petit Kevin que leurs parents à l’époque.

Un classique de Noël à redécouvrir pour passer un chouette moment en famille.

 Note : 7,5/10

Damien Monami – Le 12 décembre 2018

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