« Who run the world? Girls! »

Wonder Woman

Après les déboires de « Batman vs Superman » et « Suicide Squad », des films qui alimentent encore des débats particulièrement animés, on était en droit de craindre le pire pour l’avenir du DC Universe pour Warner Bros et DC Comics. Le studio se lance désormais dans l’adaptation de Wonder Woman, la première super-héroïne issue des comics cultes et qui avait connus la consécration avec la série portée par le magnétisme de la belle Linda Carter.

Un personnage déjà intronisé dans « Batman vs Superman » et choisi pour être un des membres pivots de la « Justice League » sorti en novembre 2017.

Diana Prince, princesse des Amazones a donc elle aussi droit à son propre long métrage, réalisé par la talentueuse et trop rare Patty Jenkins (son dernier film étant « Monster » en 2003). Un choix surprenant mais qui suit parfaitement la ligne directrice du studio depuis son changement de production. Une femme de caractère à l’image de son personnage principal et un budget de 150 millions de dollars pour rendre ses lettres de noblesses à un genre qui en a cruellement besoin.

Synopsis :

Avant d’être Wonder Woman, elle s’appelait Diana, princesse des Amazones, entraînée pour être une guerrière impossible à conquérir. Elle est élevée sur une île isolée et paradisiaque, mais lorsqu’un pilote américain s’écrase sur leur rivage et annonce qu’un conflit à grande échelle fait rage dans le monde, Diana quitte son foyer, convaincue qu’elle doit arrêter cette menace. Combattant aux côtés de cet homme et des siens pour mettre fin à cette guerre et à toutes les guerres, Diana découvre ses vrais pouvoirs… Et son véritable destin.

Une chose est sûre, « Wonder Woman » n’est pas un film comme les autres, s’il n’est pas exempt de quelques défauts, le long métrage de Patty Jenkins vient cependant se placer dans les meilleures adaptions de films de super-héros de ces dernières années.

La réalisatrice peut se targuer d’avoir réussi l’un des meilleurs films du DCU (la version longue de « Batman VS Superman » redore un peu le blason du film), bien aidée par la brillante prestation de Gal Gadot qui éclabousse l’écran de son talent en guerrière légendaire aussi belle qu’indomptable. L’actrice israélienne prouve qu’elle peut porter un grand film sur ses épaules.

« Wonder Woman » est une réussite, d’abord, parce que sa réalisatrice a su s’approprier les fondements du comics pour livrer un long métrage mythologique qui s’écarte des sentiers battus tout en trouvant un ton adéquat pour narrer une « origin story » énergique et novatrice.

Ensuite, l’identité profonde du personnage de Diana Prince amène un vent de fraicheur dans un genre pourtant si balisé. Elle apporte un regard si naïf et candide lorsqu’elle découvre cette espèce humaine qu’elle n’a jamais côtoyée depuis son île isolée du monde extérieur. Diana va pour la première fois se confronter à l’horreur de la guerre, ainsi qu’aux atrocités dont est capable l’homme ; elle va découvrir de ses propres yeux couverts de larmes qu’il est lâche, vile et mauvais.

Devant tant de méchanceté qu’elle ne comprend pas, Diana va se placer dans une démarche d’empathie envers l’humanité qu’elle veut sauver. C’est là, la plus grande force du film de Patty Jenkins, la réalisatrice va charger son long métrage d’émotions et ainsi donner une identité salvatrice à son blockbuster qui va immédiatement imprégner un lien entre son héroïne et le public.

Jamais on ne s’était senti aussi proche d’un super-héros qui possède une vraie dimension humaine. Pourtant Diana est loin d’être normale car elle ne connaît pas ce monde qu’elle découvre. C’est le point fort du long métrage, ce recul et ce décalage entre une héroïne pleine de bonté et d’amour face à cette horrible réalité du genre humain qu’elle contemple avec effroi.

« Wonder Woman » ne tombe pourtant pas dans la répétition gonflante, mais assure le travail en déroulant un spectacle plein de panache avec un ancrage historique remarquable, un féminisme revendiqué par la production qui amuse et qui se glisse parfaitement dans le récit sans pour autant tomber dans un discours ennuyeux.

Il est vrai que le scénario est pourtant assez simple, mais s’élève au-dessus de la mêlée par sa propension à philosopher sur le genre humain et sa nature violente. Patty Jenkins offre au spectateur un film drôle, fun, inspiré, bourré de séquences spectaculaires et qui maintient la cadence grâce à son élément le plus important : son héroïne.

Gal Gadot incarne avec brio toutes les facettes de ce personnage grâce aussi, à la complicité visible avec Chris Pine qui lui aussi, livre une belle prestation en Steve Trevor.

Il est vrai que le film recèle quelques défauts (notamment quelques séquences inspirées du premier « Captain America »), mais qu’on a envie de vite oublier, tellement il y avait longtemps qu’on voulait voir un film de super-héros agréable, généreux et qui réussit de nombreuses choses par rapport à ses concurrents.

« Wonder Woman » n’est jamais abrutissant, jamais ennuyeux. Un long métrage qui alterne parfaitement légèreté du spectacle et gravité de ses enjeux. Patty Jenkins parvient à déployer une réelle générosité dans sa mise scène et offre aux fans et aux spectateurs un lyrisme frissonnant d’efficacité. « Wonder Woman » arrive à nous émerveiller par sa beauté, qu’elle soit visuelle ou narrative et prouve qu’il faudra compter avec la princesse des Amazones. Une réussite surprenante.

 Note : 7/10

 Julien Legrand – Le 14 novembre 2018

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