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USS Greyhound - La Bataille de l'Atlantique

En raison de la pandémie qui sévit aux Etats-Unis, Sony producteur du film a préféré vendre « Greyhound » en exclusivité à Apple+. La mort dans l’âme, Tom Hanks coproducteur (via sa société Playtone), scénariste et acteur principal a dû s’y résoudre car avec des dizaines d’autres films à gros budget à venir cet hiver, c‘était peut-être le meilleur choix possible.

Mais si ce n’est au cinéma, rien ne vous empêche de le « streamer » confortablement installé dans votre fauteuil avec l’indispensable popcorn, il mérite votre attention. Notre avis sans… vous connaissez la musique.

Synopsis :

Début 1942, durant les premiers jours de l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale, en pleine bataille de l’Atlantique, un convoi international de 37 navires alliés, mené par le commandant Ernest Krause de l’United States Navy, traverse le nord de l’Atlantique, une zone à risque sous la menace des U-Boots. À la tête d’un destroyer de classe Fletcher, le USS Keeling (nom de code radio Greyhound), le commandant Krause affronte ses doutes et démons intérieurs, lui qui est envoyé pour la première fois sur le front.

L’inspiration du scénario, Tom Hanks l’a trouvée dans un roman « Bergers sur la mer »  de C. S. Forester, publié en 1955. Passionné par l’Histoire, l’acteur a mis sept ans à faire aboutir ce projet qui n’est pas sans rappeler « Torpilles sous l’Atlantique » tourné par Dick Powell avec Robert Mitchum, Curd Jürgens, David Hedison et sorti en 1957. Le film suivait l’affrontement entre un sous-marin allemand et un destroyer américain pendant la bataille de l’Atlantique. Chaque capitaine rivalisait d’ingéniosité dans les tactiques et malheur à celui qui commettrait l’erreur car elle serait fatale.

« USS Greyhound – La bataille de l’Atlantique » suit le même schéma narratif :  la traversée de l’Atlantique nord par un convoi de navires de ravitaillement alliés, proies désignées des sous-marins allemands qui écument une zone définie comme le trou noir (les 3 ou 4 jours sans aucun soutien aérien possible).

La vedette de « Il faut sauver le soldat Ryan » et producteur de « Band of Brothers » y incarne le commandant du destroyer d’escorte. « Le bon berger » qui garde le troupeau mais qui rapidement ne sait plus où donner de la tête tant les loups rôdent…et ils sont affamés !

Le film est une immersion (mais pas en eaux profondes) dans l’univers exigu mais décisionnel de la passerelle de commandement du destroyer Keeling. Pour en parfaire l’ambiance faite de rouge et de jaune lors des nuits d’alerte aux U-boot, le metteur en scène Aaron Schneider a réalisé un décor fondé sur le seul destroyer américain encore disponible dans sa configuration d’origine. Tout le film est centré sur la figure tutélaire du commandant, novice sur ce type de voyage et en charge de 37 bâtiments qu’il espère, avec de la chance, la providence et ses prières pouvoir amener à bon port.

Habilement comme dans le « Dunkerque » de Christopher Nolan le réalisateur ne nous dévoile jamais l’ennemi pourtant incroyablement présent, seules quelques proues de sous-marin émergeront quelques instants des flots maintenant ainsi un suspense unilatéral.

Le commandant est clairement le maître du jeu et le responsable de tous les mouvements de son bâtiment tel un joueur d’échecs mais sur le damier d’un impitoyable océan.

Pour les jeunes générations qui n’ont pas vu le film précité, le réalisateur (déjà oscarisé en 2003 pour son court métrage « Two Soldiers ») a organisé un suspense efficace centré sur son acteur vedette toujours aussi brillant pour faire passer toute la palette de ses émotions, ses doutes et ses troubles comme dans son interprétation du « Captain Phillips ».

Au générique on retrouve aussi Elisabeth Shue (« The boys » et « Leaving Las Vegas »), Rob Morgan et Stephen Graham (« Gangs of New-York », « Pirates des Caraïbes », «  Taboo », « The Irishman ») dans des rôles pas toujours assez développés. Un gros regret cependant :  toute cette traversée se déroule en images numériques, ce qui de notre point de vue altère notre perception historique.

Note : 6,5/10

Yves Legrand – Le 14 août  2020

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