Netflix dans les pas de « Braveheart ».

Outlaw King

L’Ecosse a longtemps inspiré le cinéma. Sa lutte pour l’indépendance encore plus, de la série « Outlander » en passant par le film « Braveheart » de Mel Gibson, le petit comme le grand écran aime relater les luttes sanglantes du peuple écossais pour sa liberté. 

Cette fois c’est Netflix qui se lance dans la bataille avec « Outlaw King » disponible depuis le 9 novembre sur la plateforme, porté par la star de « Star Trek » Chris Pine et mis en scène par l’excellent David Mackenzie.

Le réalisateur du brillant « Comancheria » inscrit son film dans le prolongement de « Braveheart » qui retraçait le parcours du rebelle William Wallace au début du XIVe siècle.

Après la belle surprise « Annihilation » d’Alex Garland avec Natalie Portman, Netflix peut-il encore surprendre avec cette fresque historique ?

Synopsis :

L’histoire vraie et inédite de Robert Bruce, noble vaincu de l’Écosse médiévale devenu roi contre son gré puis héros hors-la-loi en l’espace d’une année. Contraint à se battre pour sauver sa famille, son peuple et son pays de l’envahisseur anglais, Robert Bruce s’empare de la couronne écossaise et rassemble une troupe de soldats hétéroclites. Avec eux, il devra affronter la colère de l’armée la plus puissante au monde, menée par le féroce roi Édouard 1er et son imprévisible fils, le prince de Galles.

Avec « Outlaw King », David MacKenzie livre un film rythmé et passionnant sur la guerre pour l’indépendance de l’Ecosse face aux envahisseurs anglais, avec un Chris Pine épée à la main qui se jette dans des batailles qui n’ont rien à envier à celles de « Game Of Thrones ».

Pourtant à la différence du grand film de Mel Gibson, tout est ici à hauteur d’homme, ce qui fait la force du film au détriment de la dimension grandiloquente d’un blockbuster hollywoodien. Le cinéaste écossais dépeint les doutes qui habitent les personnages, notamment ceux de Robert Bruce, personnage central au récit : ce dernier, dans un premier temps, abandonne les armes, accepte la domination. Mais sous cette reddition se cache une violence qui, on le sait, on le sent, finira par éclater.

Il est ici question du poids de l’humiliation, de la souffrance des hommes, et des bouffées de violence que génère inévitablement un désir d’émancipation malmené. David Mackenzie a toujours aimé montrer la violence infligée aux petits comme dans le superbe « Comancheria » mais qui porte dans la croisade de Robert Bruce une saveur plus politique encore.

« Outlaw King » est surtout un récit de douleur, de rébellion, mais qui ne s’encombre pas de choquer son audience par ses violentes scènes de combat dans la boue, les tripes, le sang, pleines de rage et de pugnacité.

Une œuvre parfaitement servie par la brillante mise en scène de son réalisateur qui happe le spectateur dans la fange et les viscères en compagnie de ces soldats qui se battent pour leur liberté. Le réalisateur a fait le choix de tout tourner en décors naturels ce qui donne au film un cachet hyper réaliste, au plus proche de l’action historique, loin du romantisme qui peut parfois habiter le genre.

Que ce soit dans des marais où aucun soldat n’est distinguable, perdu dans une mêlée informe de bras, de sang et d’armes ou dans les paysages majestueux des Highlands, le metteur en scène fait preuve d’une virtuosité incroyable.

Dommage qu’il manque ce petit quelque chose d’épique comme une brillante musique et quelques grandes scènes iconiques pour permettre au film de faire partie des grandes fresques historiques du cinéma.

De plus, suite à son accueil mitigé au festival de Toronto, le film s’est vu amputé de 20 minutes afin d’offrir un montage plus dynamique pour un public plus assujetti à zapper en cas d’ennui devant sa télévision.

On sent à l’évidence que les personnages, excellemment caractérisés, ont souffert de ces transformations, tant les soubresauts émotionnels qui les assaillent semblent parfois relégués au second plan.

C’est d’autant plus triste car le casting livre une partition exemplaire. Chris Pine prouve une fois de plus après « Comancheria » qu’il n’est pas que le beau-gosse des franchises hollywoodiennes que l’on croyait. L’acteur, d’ailleurs très crédible avec son accent écossais, offre une prestation parfaite en meneur dépassé par ses propres valeurs.

Le long métrage doit également beaucoup à l’excellente Florence Pugh. La révélation de « Lady Macbeth » campe une reine lucide et décidée à peser au côté de son époux et à apprivoiser leur mariage arrangé.

« Outlaw King » s’affirme comme l’un des meilleurs longs métrages de Netflix grâce à la brillante mise en scène de son réalisateur, sa photographie soignée et son excellent casting. Un fresque historique violente, maitrisée et d’une redoutable efficacité qu’on aurait cependant aimé encore plus développée et plus épique.

 Note : 7,5/10

 Julien Legrand – Le 13  janvier 2019

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