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Miracle Workers

Et si le paradis était une entreprise dont le PDG (dieu, donc) déciderait subitement de déposer le bilan. Voilà le postulat de base de la série « Miracle Workers » créée par Simon Rich et adaptée du roman qu’il a lui-même écrit.

Diffusée en 2019 sur la chaîne TBS, cette série humoristique s’offre un casting de rêve avec Daniel Radcliffe dans le rôle de Craig, un ange déconnecté de la vie sociale et maladroit (voir awkward) qui rappellera le personnage qu’il a précédemment interprété dans la série « A Young Doctor’s Notebook », Karan Soni (qui interprète Sanjay et que vous avez déjà vu dans « Deadpool » 1 et 2) et, cerise sur le gâteau, Steve Buscemi dans le rôle d’un Dieu ayant beaucoup de points communs avec le Dude de « The Big Lebowski » brille à l’écran grâce à son talent naturel pour la comédie et l’humour absurde.

Synopsis :

Craig, un ange du bas de l’échelle, est chargé de réceptionner toutes les prières de l’humanité, pour laisser à Dieu le temps de s’adonner à ses loisirs. Pour éviter la destruction de la Terre, il va devoir – aidé de sa collègue Eliza – accomplir son plus grand miracle en rapprochant deux humains, Laura et Sam.

Les décors, quant-à-eux, semble avoir été fait avec les moyens du bord. On sent un certain manque de budget. Cependant, l’action se déroulant dans un milieu d’entreprise. Doit-on vraiment s’étonner de se retrouver face à des décors qui, effectivement, ressemblent à des bureaux ? De plus, même si certains décors ne cachent qu’à moitié le fait qu’ils sont faits de cartons et de polystyrène, la série nous propose tout de même des plans particulièrement agréables à l’œil.

Si elle reste drôle, la série peut laisser le spectateur sur sa faim tant on a l’impression qu’elle se retient et ne va pas au bout de ses vannes et de ses critiques (qu’elles soient portées sur la religion ou sur le monde de l’entreprise). Cependant, cette retenue certaine n’a pas empêché la caricature de déité incarnée par Buscemi de créer une certaine polémique aux États-Unis (notamment auprès des conservateurs les plus passionnés).

« Miracle Workers » a cependant bénéficié d’un choix de format intelligent, voir salvateur. Parce qu’en adoptant une longueur d’épisode assez courte, proche de celle des sitcoms, et en étalant toute son histoire sur sept épisodes, elle évite de s’essouffler sur la longueur et permet aux spectateurs de ne pas s’en lasser. Car il est clair qu’un épisode d’une heure de « Miracle Workers » n’aurait pas la même saveur (il n’en aurait même probablement pas).

Parlons maintenant de l’un des aspects les plus importants d’une série comique : l’humour. Comme dit précédemment, l’humour dans « Miracle Workers » est un humour absurde dont les anglophones sont extrêmement friands. Le problème, c’est qu’il n’y a au final qu’un seul véritable ressort comique dans la série car, si Craig fait rire quelquefois, c’est au final autour du personnage de Dieu que gravite toutes les blagues de la série.

« Miracle Workers » est une série très courte qui ne manquera pas de vous faire rire quelques fois en dépit de son caractère prévisible et de la retenue avec laquelle elle s’efforce de critiquer le concept de religion. Son format court est parfait aussi bien pour elle que pour ceux qui la visionnent car cela lui permet d’être regardable sans être lassante pour autant.

De plus avec Daniel Radcliff et Steve Buscemi dans des rôles parfaits pour eux, la série se positionne clairement comme un divertissement qui, si ce n’est clairement pas la révélation comique de l’année, vaut quand même le coup d’œil.

Note : 6,5/10

Maxime Févry – Le 25 mai 2019

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