« Quoi de neuf Doctor? »

Doctor Strange

C’est devenu une routine, deux voire trois films Marvel par an. Une hégémonie dans le paysage cinématographique hollywoodien en matière de super-héros. Depuis 2008 et la sortie du premier « Iron Man » (premier essai réussi), le succès du « Marvel Cinematic Universe » s’est ancré dans l’imaginaire collectif à coups de films formatés comme un seul modèle identique avec quelques envolées humoristiques quelques fois discutables.

D’ailleurs cet archétype fait des envieux comme DC Comics et Warner qui n’arrivent pas à réussir un film en tant qu’unité alors qu’il doit entrer dans un moule collectif formaté pour plaire au plus grand nombre.

Alors, quand « la maison des idées » adapte le personnage du Doctor Stange, maître des arts mystiques dont l’univers magique et psychédélique se situe à des années lumières de la rationalisation du monde des Avengers et se démarque totalement de l’esthétique « marvelienne ». On est en droit de se demander si cette nouvelle production est pertinente au vu du manque de prises de risques du studio dans l’introduction de nouveaux personnages (« Ant-Man » en est l’exemple).

Pourtant, « Doctor Stange » était attendu comme une belle curiosité. Porté par un casting alléchant avec le talentueux Benedict Cumberbatch, le toujours très bon Mads Mikkelsen, l’excellente Tilda Swinton et l’agréable Chiwetel Ejiofor. Mis en boîte par un Scott Derrickson (« Sinister » et « Délivre Nous du Mal ») qui délaisse enfin les films d’horreur pour un autre genre, le film débarque en cette fin de mois d’octobre avec comme promesses une production bien différente des autres et peut-être même une nouvelle franchise.

Synopsis :

Stephen Strange, un neurochirurgien, se blesse gravement aux mains lors d’un accident. Dans sa quête de les soigner, il entreprend un voyage qui va le mener vers l’apprentissage de la magie.

La bonne nouvelle, c’est que les fans ne seront pas déçus ; « Doctor Stange » est un pur Marvel dans l’esprit sans tomber tout à fait dans les travers des autres longs métrages du studio. Le film de Scott Derrickson n’est pas un « copier-coller » des Thor et autres Captain America, il possède un univers différent. Si le réalisateur n’échappe pas aux passages obligés du film de super-héros « marvelien », il livre pourtant un agréable divertissement nourri de sa propre entité visuelle et d’un univers typique à son personnage.

Une œuvre parfois créative qui n’évite pourtant pas certains défauts comme un scénario trop basique dans ses fondamentaux et une direction artistique qui affiche quelques maladresses.

Néanmoins, « Doctor Strange » fonctionne bien avec une alternance d’humour, de drame, de romance et de quelques envolées spectaculaires. Tous les ingrédients d’un film de super-héros qui nous fait passer un agréable moment en profitant d’un univers neuf.

Le talentueux Benedict Cumberbatch possède le don de tout rendre crédible malgré un personnage très semblable à son « Sherlock » mais qui entraîne le spectateur dans cette œuvre portée par une âme d’enfant. Pourtant on regrette un peu la sous-exploitation de Tilda Swinton et de Chiwetel Ejiofor ainsi qu’un Mads Mikkelsen cantonné dans un rôle de méchant pas charismatique du tout.

« Doctor Strange » est donc loin de se présenter comme le grand coup de fouet de l’univers Marvel, mais rappelle plutôt le très sous-estimé « Iron-Man 3 ». Scott Derrickson tente de transcender la métaphysique de son univers, mais se heurte au format typique imposé par Marvel. Monde apparemment immuable. Néanmoins, par rapport à ses prédécesseurs le cinéaste apporte la touche d’espoir qu’on attendait.

Au final, « Doctor Strange » n’est pas un chef d’œuvre du genre, mais une surprise agréable. Un film qui fait le job et qui se hisse dans le haut du panier des productions Marvel avec un joli vent d’air frais.

 Note : 6,5/10

 Julien Legrand – Le 24 novembre 2018

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