Live and Let Die

After Life

Humoriste au talent reconnu, le britannique Ricky Gervais s’est fait connaître en étant à la base d’excellente série comme « The Office » (dont la version américaine a révélé un certain Steve Carell) ou encore « Extras », qui ont cartonné de l’autre côté de la Manche. Il débarque désormais sur Netflix avec sa dernière création « After Life », une série drôle et touchante ayant pour thème le deuil.

À base d’humour noir, presque cynique, de réflexions pleines de bons sens, de scènes attendrissantes et de flegme britannique, « After Life » ne laissera personne indiffèrent et donne l’occasion à son créateur de s’illustrer là où on ne l’attendait pas forcément.

Synopsis :

Tony avait une vie parfaite, mais lorsque sa femme Lisa meurt soudainement, Tony change. Après avoir envisagé de se suicider, il décide plutôt de vivre assez longtemps pour punir le monde entier…

Le deuil est une étape difficile dans une vie, on se demande comment continuer à avancer quand l’être cher disparaît, comment faire pour surmonter sa peine, à quoi se raccrocher. Tant de questions auxquelles Tony, quarantenaire, veuf, vivant dans une petite ville anglaise et travaillant pour le petit journal gratuit du coin, doit faire face. Et la réponse est simple : le chien est toujours là, et vu qu’il faut bien le nourrir, Tony n’arrive pas à mettre fin à ses jours.

De ce postulat commence le parcours de notre héros qui s’érige comme un véritable sale type qui compte bien faire sentir à son entourage tout son mal-être. Il passe son temps à railler les gens qui l’entourent, à commencer par son collègue photographe, gros nounours apathique qui se laisse tripoter le gras du cou comme une balle anti-stress.

Il doit également faire face à longueur de journée à une incroyable galerie de tordus dans l’exercice de son travail : des parents persuadés que leur bébé est un sosie de Hitler ; un retraité subjugué par le visage de Kenneth Branagh apparu sur le mur de son salon après un dégât des eaux et bien d’autres sur qui il peut déverser ses sarcasmes non sans humour.

« After Life » serait donc une comédie noire et mordante dans laquelle Ricky Gervais peut laisser libre cours à ses quolibets ? Pas vraiment, car la série prend un tournant plutôt inattendu et l’homme acariâtre qui nous était présenté laisse vite place à une personnalité attachante qui au fil de ses ritournelles quotidiennes et des rencontres vont l’amener à trouver une forme de rédemption.

On se retrouve alors face à une satire dramatique dans laquelle Tony se rend finalement compte qu’il n’a pas le monopole de la souffrance. Il se confronte à une galerie de marginaux comme une prostituée qu’il engage pour faire le ménage chez lui ou un toxico au bord du suicide, qui lui font relativiser son sort.

Et grâce aux bonne paroles prodiguées par la veuve qui fleurit quotidiennement la tombe de son défunt mari (dont la parcelle jouxte celle de sa femme), il finit par prendre un nouveau départ.

Et si « After Life » s’éloigne au fur et à mesure de l’humour noir caractéristique de son auteur, elle ne perd rien de son charme et gagne même en sensibilité. En faisant abstraction des quelques clichés qui jalonnent l’intrigue, on est face à une série de très bonne facture à mi-chemin entre feel good movie et drame social. Une série poignante et inspirante et une franche réussite pour Ricky Gervais qui montre encore une fois tout son savoir-faire.

Note : 7,5/10

Damien Monami – Le 19 avril 2019

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