Les eaux sombres charrient de coupables secrets

Dark Waters

« Il était une fois… un fermier qui voyait ses vaches mourir… » Tel est le propos ou plutôt  l’avant-propos assez mince en l’occurrence sur lequel débute ce film de Todd Haynes. Un long métrage inspiré de faits divers dans lequel quelques-uns des vrais protagonistes viendront signer un sympathique caméo et dont les effets se font cependant encore sentir aujourd’hui…

A vous de voir si cette énième histoire vraie mérite toute votre attention…. pour notre part nous allons essayer de vous en divulguer le moins possible afin que vous puissiez pleinement vous immerger dans ces eaux sombres…

Synopsis :

En 1995, Robert Bilott, célèbre avocat est interpelé à son cabinet par un fermier de sa ville natale en Virginie qui veut intenter une action contre l’entreprise qui jouxte ses terres  car ses vaches meurent en nombre ou deviennent folles. D’abord réservé, il finit par se rendre sur place, sa dénonciation médiatique va le mettre en danger, ainsi que sa carrière et sa famille…

Encore un film qui signe comme une incroyable piqûre de rappel ! Que nous cache-t-on encore ? Comment peut-on en arriver à de telles situations ? Après le récent « Scandale » qui mettait en lumière les harcèlements au sein des médias comme FOX News et après l’oscarisé « Spotlight » sur les secrets des prêtres de l’l’Eglise Catholique, avec déjà l’excellent Mark Ruffalo qui ici y ajoute la casquette de producteur, voici un film dans la lignée du célèbre Erin Brockovich de Soderbergh.

Mark Ruffalo est un acteur caméléon qui aime intégrer complètement le personnage qu’il campe, peu sympathique mais terriblement tenace, mettant en jeu sa carrière pour une cause en laquelle il croit. Il est ici accompagné de Anne Hathaway, elle aussi très impliquée dans son rôle, les deux comédiens sont les figures centrales de ce naufrage humanitaire resté longtemps dans l’ombre.

Désastre écologique, drame humain sans précédent, « Dark Waters » ne nous évoque pas grand-chose à nous européens et pourtant … Déroulant son impitoyable mécanique appuyée sur des milliers de documents, le film, par ailleurs fort linéaire, ne prend pas vraiment parti préférant laisser le soin au spectateur d’écarquiller les yeux et de laisser s’accumuler les faits, inéluctablement, comme filent les grains dans le sablier…

Il n’y a pas de jugement, et pour cause puisque les actions juridiques sont toujours en cours… 25 ans après le début de l’histoire… et pour longtemps encore…

Comme dit l’adage : « Selon que vous êtes puissant ou misérable… Le temps c’est de l’argent ! »

Note : 7/10

Yves Legrand – Le 21 février 2020

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