Il est bien ce film ? Ça va, Imhotep !

Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre

S’il y a bien un genre qui fait parler de lui dans le cinéma français, c’est la comédie. De « La grande vadrouille » aux « Visiteurs », en passant par « Bienvenue chez les Ch’tis », toutes font partie des gros succès au box-office hexagonal. Cependant, et c’est là tout le paradoxe, si les comédies attirent les foules, elles sont également décriées par la critique et snobées par le métier qui les met rarement à l’honneur.

Certaines sont pourtant de véritables bijoux et auraient mérité plus de considération, on pense notamment à des films comme « Le dîner de cons » de Francis Veber ou à la saga « OSS 117 » avec Jean Dujardin en vedette.

Celle qui nous concerne fait quant à elle l’unanimité et est considérée comme une des meilleures productions françaises, tous genres confondus.

Synopsis :

Jules César défie Cléopâtre de construire un palais en 3 mois. Conscient du défi, Numérobis court chercher ses amis Panoramix, Astérix et Obélix.

Après « Astérix & Obélix contre César » de Claude Zidi, première adaptation plutôt réussie des aventures d’Astérix ; la bande-dessinée culte du duo Uderzo et Goscinny ; sorti en 1999, c’est le trublion Alain Chabat qui repris le flambeau pour réaliser la suite « Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre », pour le meilleur et pour le… mieux.

L’ancien membre des « Nuls », dont le film « La cité de la peur » avait considérablement marqué les esprits en 1994, réalise ici son deuxième long-métrage après l’expérimental et loufoque « Didier ». Il offre au public ce qui reste à ce jour la meilleure adaptation de bande-dessinée et un des meilleurs films français des années 2000.

Ce qui fait la réussite de l’exercice, c’est avant tout son humour estampillé « Nuls », c’est à dire un humour simple et ultra référencé, dont les blagues, les gags et les jeux de mots s’inspirent en grande partie de la culture populaire.

Et à ce petit jeux, Chabat est un maître en la matière et brasse un large éventail dans des domaines riche et variés au moment de glisser des références dans son film : on pense évidemment au cinéma (« Star Wars », « Titanic », etc.), à la musique (Hughes Aufrey, Claude François, etc.), à la publicité (Royal Canin), à la peinture (Le radeau de la méduse, La Joconde) ou encore à la littérature avec la tirade d’Obélix inspiré de « Cyrano de Bergerac » (rôle également joué par Depardieu dans le film du même nom).

Mais les références peuvent se révéler bien plus pointues comme le nom de certains personnages : Otis (Edouard Baer) qui fait référence à la marque d’ascenseur dont il est l’inventeur dans le film ou encore Itinéris (Isabelle Nanty) qui fait référence à l’ancien Minitel.

De ce mélange entre références culturelles et de blagues simples résulte un film à l’humour décapant dans lequel les répliques cultes sont légions (comme les romains). Toutes personnes ayant vu « Mission Cléopâtre » au moins une fois peut en citer un passage, le plus culte étant la tirade d’Otis sur sa situation de scribe que l’on doit à une improvisation de l’excellent Edouard Baer.

Si la mise en scène est assez classique, Alain Chabat nous gratifie de quelques trouvailles intéressantes. Notamment cette scène dans la pyramide où les visages des acteurs sont remplacés par des yeux dans le style de la bande dessinée ou encore l’insertion d’un petit documentaire sur la langouste au milieu d’une joute entre Obélix et les romains.

Évidemment, le film n’aurait pas eu la même saveur sans son casting cinq étoile. L’animateur du « Burger Quiz » a rassemblé ce qu’il se fait de mieux en matière d’humour, le tout agrémenté de quelques pointures du cinéma comme Monica Bellucci (Cléopâtre) ou Claude Rich (Panoramix).

Le duo Christian Clavier, Gérard Depardieu est tout bonnement parfait pour incarner Astérix et Obélix, tant ils sont complémentaires. Et si Depardieu a conservé ce rôle par la suite, les remplaçants de Clavier dans le rôle du petit gaulois n’ont pas convaincus, faisant perdre de la saveur à ce duo charismatique. Le choix de Jamel Debbouze pour incarner Numérobis est une évidence tout comme celui de Gérard Darmon dans la peau de sa Némésis, l’infâme Amombofis.

Tous ces ingrédients font d’ « Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre » la meilleure comédie française des années 2000 et sans doute l’une des meilleures de l’histoire. Adapter une bande-dessinée est un exercice périlleux pour un réalisateur qui doit respecter le matériel de base tout en y ajoutant sa patte personnelle, le tout sans froisser les fans exigeants de l’œuvre originale. Si beaucoup s’y sont cassés les dents, Chabat s’en tire lui avec les honneurs.

Désormais rangé au rang de film culte, cette deuxième adaptation des aventures du petit gaulois et de ses compagnons est l’œuvre d’une génération, la nôtre, qui ne peut que se reconnaître dans cet ensemble de références. Dommage pour les générations suivantes.

Il est bien ce film ? Ça va, Imhotep !

Note : 8,5/10

Damien Monami – Le 11 juin 2019

Vous pourriez aussi aimer :

contact.screentune@gmail.com

Fermer le menu