le métier d’artiste au rang d’art

Cate Blanchett

Elle est l’une des actrices les plus douées de sa génération, elle a tourné avec les plus grands, elle possède une voix mélodieuse, elle a remporté deux Oscars dans deux catégories différentes ! Elle est également ambassadrice d’une marque de parfum.  Nous vous parlons bien de Cate Blanchett, brillante comédienne et qui a du succès dans tout ce qu’elle entreprend.

 

– « Avoir un ancrage est essentiel » :

Cathe­rine Elise Blan­chett naît à Melbourne en Austra­lie le 14 mai 1969. 

Elle est la fille de Robert Blan­chett d’origi­ne texane, d’abord maître américain au sein de l’US Navy qui devient ensuite cadre dans une entreprise de publicité, et d’une insti­tu­trice, June Blanchett.  Cate est la deuxième d’une fratrie de 3 enfants, son frère aîné, Bob devenu ingénieur de systèmes informatiques et sa sœur benjamine, Gene­viève qui travaille comme décoratrice de théâtre. 

Après une enfance paisible, elle perd son père à 10 ans d’une crise cardiaque. Un traumatisme pour la jeune fille qui va influencer tous ses choix futurs. 

Elle fréquente l’école primaire Ivanhoe East Primary School à Melbourne, puis à l’adolescence elle est scolarisée à la Ivanhoe Girls’ Grammar School et au Methodist Ladies’ College, c’est là, qu’elle se découvre un penchant pour la comédie. 

À 18 ans, Cate décide d’étudier à l’univer­sité de Melbourne l’écono­mie et les arts appliqués. Elle va pourtant quitter l’Australie pour partir voyager à l’étranger.  C’est lors de ces pérégrinations en Egypte, qu’elle va tourner dans son premier film.  Un petit rôle de figuration dans une œuvre de boxe égyptienne intitulée « Kaboria ». 

 À son retour en Australie, elle a pris goût au virus du cinéma et décide de s’inscrire à l’Insti­tut Natio­nal d’art drama­tique de Sydney. Cate Blanchett y est décrite comme une élève brillante et appliquée. Elle en ressort diplômée à 23 ans et obtient dès l’année suivante son premier rôle sur scène dans la pièce « Oleanna » de David Mamet qui lui vaut le prix du meilleur espoir au Sydney Theatre Critics. La jeune comé­dienne enchaîne alors les rôles du réper­toire clas­sique de Shakes­peare à Tche­khov.

 Mais la jeune actrice veut à tout prix percer dans le cinéma et la télévision. À partir de 1995, elle apparaît dans les mini-séries télévisées « Heartland », aux côtés d’Ernie Dingo, et « Bordertown », aux côtés d’Hugo Weavingqu’elle va retrouver plus tard dans la trilogie « Le Seigneur des Anneaux » de Peter Jackson, suivi d’un épisode de la série télévisée « Sydney Police ».

« Un acteur ou une actrice sait qu’il passera par des hauts et des bas. »

Après quelques autres petits rôles, sa beauté diaphane lui permet d’obte­nir de plus grandes opportunités, c’est finalement en 1997, qu’elle décroche le premier rôle dans « Oscar et Lucinda » aux côtés de Ralph Fiennes, film qui lui offre sa première nomination à l’AFI Award dans la catégorie « meilleure actrice » en 1998. 

Le succès du film lui confère immé­dia­te­ment une certaine noto­riété et lui permet d’obte­nir le rôle qui va lui appor­ter le statut d’actrice inter­na­tio­nale ; celui de la reine Eliza­beth 1er  d’Angleterre. Sa perfor­mance dans « Eliza­beth », drame biographique de Shekhar Kapur lui vaut le Golden Globe et un BAFTA de « la meilleure actrice », ainsi qu’une nomination à l’Oscar dans la même catégorie en 1999. 

Elle considère ce film comme un véritable tournant dans sa carrière : « C’était très enrichissant de travailler avec Shekhar Kapur, son réalisateur, bien avant l’engouement pour Bollywood. Il a une sensibilité « à l’indienne » tellement développée. Ça se sent dans les images, l’histoire. J’ai eu beaucoup de chance et je lui suis très reconnaissante de cette expérience. Ce doit être aussi pour faire plaisir à la « petite Cate » qui n’est peut-être pas si loin que j’accepte tant de beaux films en costume. »

Les projets vont ensuite s’enchainer pour l’actrice australienne, elle participe notamment en 1999 à la comédie « Les Aiguilleurs », dans laquelle elle partage l’affiche avec John CusackBilly Bob Thornton et Angelina Jolie. Un film au succès mitigé mais qui a le mérite d’accroître sa popularité

L’Australienne va ensuite changer de registre et se tourner vers la comédie romantique « Un mari idéal », dans laquelle, elle donne la réplique à Julianne Moore. La même année, elle tient le rôle de Meredith Logue dans le thriller « Le Talentueux Mr Ripley » d’Anthony Minghella, côtoyant Jude LawMatt Damon et Gwyneth Paltrow

À sa sortie, ce film rencontre un succès critique et commercial qui lui permet d’assoir un peu plus son image de star montante et lui vaut une seconde nomination au BAFTA en 2000.

Mais c’est pourtant en 2001, qu’un virage va s’amorcer dans sa carrière. Elle est choisie par Peter Jackson pour incarner la reine des Elfes de la Lorien : Dame Galadriel ; dans la trilo­gie, « Le Seigneur des anneaux ». 

Un véritable chef d’œuvre pour des générations de fans et qui va rafler plus de 21 Oscars en 3 films et marquer durablement l’histoire du cinéma. 

Grâce à ce rôle en or, la comédienne s’attire une foule de nouveaux fans et la saga, adaptée du best-seller de J. R. R. Tolkien, lui vaut aussi son plus gros succès au Box-Office. 

La trilogie sortie entre 2001 et 2003 réalise des records, elle détient d’ailleurs celui de la plus grosse recette de tous les temps pour une trilogie qui lui permet de rejoindre la liste des actrices les plus convoi­tées d’Holly­wood.

– La consécration :

Après avoir conquis le monde en Galadriel, elle va à nouveau complètement changer de registre. 

En 2005, elle rejoint Leonardo DiCaprio au casting d’« Aviator » de Martin Scorsese, biopic consacré à Howard Hugues dans lequel, elle interprète Katha­rine Hepburn.

Le film est un grand succès critique et vaut à Cate Blanchett sa seconde nomination aux Oscars dans la catégorie « meilleure actrice dans un second rôle ». Une statuette qu’elle va décrocher devenant ainsi la première actrice à remporter un Oscar pour avoir incarné un comédien ou une comédienne précédemment oscarisé(e). 

En 2006, elle rejoint ensuite Alejandro González Iñárritu, réalisateur du récent « The Revenant » (2016), pour son excellent drame « Babel » aux côtés de Brad Pitt.  

Depuis sa consécration, elle ne cesse de tourner avec les plus grands metteurs en scène. Après Scorsese et Iñárritu, c’est devant la caméra de Steven Soder­bergh (« Ocean Eleven ») qu’elle décide de jouer en compagnie de George Clooney. Dans « The Good German », elle incarne avec brio une femme délaissée par son mari.

 

 

– « Je ne regrette rien et j’assume toute ma filmographie. »

Cate Blanchett va ensuite se plonger dans des projets plus personnels et artistiques. Elle tourne en 2006, dans « Chronique d’un scandale » de Richard Eyre, une nouvelle brillante interprétation en professeur d’art où elle donne la réplique à Judi Dench. Sa prestation dans ce dernier film lui rapporte une troisième nomination aux Oscars.

Néanmoins, Cate Blanchett s’incline devant la Britannique Tilda Swinton, distinguée comme « meilleur second rôle féminin » dans l’excellent « Michael Clayton » avec George Clooney et la Française Marion Cotillard (qu’elle admire beaucoup), sacrée « meilleure actrice » pour son cultissime rôle d’Édith Piaf dans « La Môme ». 

L’actrice australienne va alors surprendre tout le monde, en faisant preuve d’audace et incar­ner avec brio le chan­teur Bob Dylan dans « I’m not there » de Todd Haynes en 2007. Sa magnifique interprétation de cette légende de la musique populaire lui permet de recevoir la prestigieuse Coupe Volpi de la meilleure actrice à la 64e Mostra de Venise ainsi que son second Golden Globe du « meilleur second rôle féminin » et une nouvelle nomination à l’Oscar dans la même catégorie. 

En plus de ce succès, elle reçoit la même année une autre nomination aux précieux Oscars dans la catégorie « meilleure actrice » pour la reprise de son rôle d’Élisabeth 1er dans « Elizabeth : L’Âge d’or », la suite d’« Elizabeth » toujours réalisée par Shekhar Kapur.

2008, est une très grande année pour l’Australienne, elle va d’abord jouer dans un registre qu’elle connaît très peu, celui d’une méchante. Steven Spielberg la choisit pour interpréter la fourbe scientifique russe Irina Spalko dans « Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal » aux côtés du légendaire Harrison Ford. Le plus gros succès de la franchise qui ne remporte pas vraiment de critiques élogieuses.  

Elle va poursuivre avec une production plus modeste mais avec un réalisateur tout aussi talentueux, l’actrice retrouve Brad Pitt sur le tournage de « L’Étrange Histoire de Benjamin Button » du génial David Fincher

Une merveilleuse histoire qui obtient des critiques dithyrambiques où sa performance est saluée.

En 2010, elle décide de se tourner vers un genre qu’elle n’a encore jamais expérimenté, celui de la fresque historique dans « Robin des Bois ». Sous la caméra de Ridley Scott, elle interprète Marianne, jeune veuve qui va aider Robin de Bois dans sa quête. 

Une œuvre qui ne recevra pas le succès escompté mais qui prouve que la comédienne peut se diversifier et exister à l’écran aux côtés d’un grand acteur comme Russell Crowe

Après un tour­nage au long cours en 2012 qui scelle ses retrou­vailles avec Peter Jack­son dans la nouvelle trilo­gie « The Hobbit », Cate Blanchett retrouve son rôle de Galadriel du « Seigneur des Anneaux ». 

Une nouvelle franchise qui prouve que les fans sont très attachés à l’univers créé par Tolkien et qui permet à l’actrice australienne de réaliser ses plus gros succès aux Box-Office avec plus de 3 milliards de dollars juste devant la première trilogie.

« C’est un privilège de jouer le rôle principal dans un film de Woody Allen » :

En 2013, Woody Allen la choi­sit pour être sa nouvelle muse et lui offre le premier rôle de « Blue Jasmine » aux côtés de Sally Hawkins (« The Shape of Water »). Une aubaine pour l’actrice qui va rafler de nombreuses statuettes, OscarGolden GlobeSAG Award et BAFTA dans la catégorie « meilleure actrice » ! 

Dans ce film, Cate Blanchett réalise une performance touchante et sublime. Un tournage qui l’a marqué : « C’était un énorme défi ! Et c’est ça qui rend l’expérience stimulante. Si un rôle ne vous plaît pas, il ne faut pas l’accepter, car le résultat sera terrible pour tout le monde. Il n’y aura aucune intensité, pas de frisson… Jasmine est une personne vraiment cassée à l’intérieur. Elle a fondé toute sa vie sur une fiction. Quand elle arrive à San Francisco, elle perd pied. Elle veut une vie nouvelle, mais ne sait pas comment fonctionner sans son rang social, son argent, ses privilèges. »

Et l’actrice australienne assure qu’elle est prête à retravailler avec le réalisateur de « Celebrity » quand il le souhaite : « Il n’aura qu’à demander, je serai là. Je sais qu’il a mille idées dans son tiroir et il n’aura qu’à me contacter. Woody ne compte plus ses fans ! ».

Après cette parenthèse « Woody Allen » qui lui a valu tous les lauriers, Cate Blan­chett incarne la méchante belle-mère dans l’oubliable « Cendrillon » de Kenneth Branagh (2015).

En mai 2015, elle retrouve le réalisateur Todd Haynes dans « Carol » sélec­tionné en compé­ti­tion offi­cielle au Festi­val de Cannes. Elle interprète une femme mariée d’un milieu aisé des années 1950 qui va tomber sous le charme d’une jeune vendeuse passionnée de photo interprétée par Rooney Mara. Cette nouvelle performance est récompensée par le « Prix d’interprétation féminine au 68e Festival de Cannes ». 

En 2016, les deux actrices sont d’ailleurs nommées aux Golden Globes, aux BAFTA et aux Oscars.

Encore en 2015, elle est à l’affiche de « Knight of Cups » du trop peu présent Terrence Malick, aux côtés de Christian Bale et Natalie Portman. Elle retrouve le réalisateur de « La Ligne Rouge » en 2017 pour « Song to Song » avec Ryan Gosling, à nouveau Natalie Portman et Rooney Mara.

En 2017, Cate Blanchett décide de faire un nouveau crochet par la case méchante en intégrant le Marvel Cinematic Universe dans « Thor : Ragnarok ». Elle campe la déesse Hela et elle offre une nouvelle fois une interprétation convaincante dans un film pourtant bancal et sans surprise. 

En 2018, elle sera à l’affiche d’« Ocean’s 8 » de Gary Ross, « spin-off » de la trilogie « Ocean’s 11 » de Steven Soderbergh aux côtés de Sandra Bullock et Anne Hathaway.

« Personnellement, je ne m’attendais pas à avoir cette carrière. »

 Au fil de sa brillante carrière, Cate Blanchett fait partie de ces actrices caméléons capables de se glisser dans la peau de n’importe quel personnage. 

Une artiste qui a tourné avec les plus grands réalisateurs, auréolée de nombreuses récompenses dont 2 Oscars. Une comédienne rare et singulière dont le talent et les convictions irriguent les écrans pour notre plus grand plaisir.

 

Une femme au talent inné pour la comédie mais également très engagée, qui n’hésite pas à prendre la parole contre le harcèlement (elle est l’une des premières personnalités à avoir parlé de l’affaire Weinstein).

Chaque rôle est le fruit d’un travail méticuleux et nous avons hâte de découvrir ses projets dans les années à venir. 

Cate Blanchett est l’une des femmes qui a élevé le métier d’actrice au rang d’Art.

 

 

Julien Legrand – 11 juin 2018

 

 

– Sources :

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