prévention contre le téthanos !

Avengers Infinity War

Le grand moment est enfin arrivé ! Après avoir fêté les 10 ans du MCU, Marvel et Disney lâchent enfin tous ses super-héros en un seul film ! Une décennie depuis le premier « Iron Man » (2008) de Jon Favreau pour enfin atteindre l’arrivée en grande pompe du méchant ultime : Thanos. 

Un personnage complexe annoncé depuis le premier « Avengers » en 2010 et qui aura mis du temps à venir se confronter à Captain America, Hulk, Thor et les autres vengeurs…

 

Après plus de deux années de production chevronnée, les frères Russo, à qui l’on doit le médiocre « Captain America : Le Soldat de l’Hiver » et le encore le passable « Captain America : Civil War », mettent en boîte ce coûteux « Avengers Infinity War » (budget de plus 450 millions de dollars). 

Bien sûr, il ne s’agit que de la première partie (pourquoi tuer la poule aux œufs d’or), la deuxième étant prévue pour avril 2019.

 

En attendant, tous les acteurs sont de la partie dans leur rôles respectifs et le très bon Josh Brolin donne vie au titan Thanos (il sera à nouveau dans la peau d’un méchant dans « Deadpool 2 »), mais attention à ne pas frôler l’overdose de super-héros. 

Le plus gros obstacle était de savoir comment faire tenir plus de 27 personnages importants et un véritable méchant dans un film de 2h30 ? Alors Marvel et les frères Russo relèvent-ils le défi de créer le film de super-héros ultime ?

Ne dit-on pas souvent que quantité rime avec médiocrité ? En tout cas que les fans inconditionnels se rassurent, ils en auront pour leur argent ! Mais cet « Avengers Infinity War » première partie n’est pas le plus grand film de super-héros annoncé.

C’est un bon film d’action, généreux dans le spectacle qu’il propose, pourvut de nombreuses qualités mais également de gros défauts.

 

D’abord, le film des frères Russo n’est pas un long métrage sur ses Avengers. Il s’agit clairement d’une œuvre centrée sur Thanos.

Josh Brolin donne vie avec classe, puissance, charisme et émotion au titan fou. Là où Marvel et son univers ont la plupart du temps offert des méchants insipides et sans personnalités, c’est incontestablement ici la grande réussite du film. Il suffit de voir qu’au terme du générique, il n’est plus mentionné « Les Avengers reviendront ! » ; mais « Thanos reviendra ! ».

Le personnage interprété par Brolin est la star du film et un méchant déjà iconique dont les motivations ne sont pas simplement de détruire l’univers à l’aide des pierres d’infinités que le MCU a gentiment « teasé » pendant plus de 18 films. 

Il pourrait même être considéré comme un terroriste écologique qui se soucie du bien-être universel en plus d’arriver à arracher, pour certains, quelques larmes dans une ou deux scènes pleines d’émotion et de mélancolie. 

Une des autres grandes réussites absente des productions précédentes est cette alternance des combinaisons de personnages. 

 

Tout au long du film, les deux metteurs en scène vont multiplier les équipes insolites tout en respectant les codes et les univers de chacun des protagonistes de cette Infinity War. Ils arrivent parfaitement à faire coexister tout ce petit monde dans un équilibre très cohérent.

 

Les identités musicales ou colorées de chaque personnage sont prises en compte avec une grande application.

On aurait pu craindre qu’avec une aussi grande réunion de héros, les personnalités et les univers allaient s’annihiler, mais c’est au contraire une agréable réussite d’avoir pu gérer autant d’ambiances différentes en seulement 2h30.

 

Les amateurs d’humour à « la sauce Marvel » seront également satisfaits, ces petites doses sont parfois joliment bien amenées pour réduire le ton radicalement un peu plus sombre du long métrage. Cela marchera pour certains et pour d’autres non. 

Alors oui cela fonctionne bien et la mise en scène du duo de réalisateurs fait parfois preuve d’une sévère générosité dans l’action.

 

Pourtant, les problèmes relevés dans les précédentes productions des frères Russo se confirment encore une fois dans « Infinity War ».

Les deux cinéastes ne savent toujours pas comment emballer de belles scènes de combats ! 

 

À force de découper plan par plan chaque scène d’action, la lecture de ces moments en devient illisible voire même ridicule. Pour combler ce manque d’inventivité, les réalisateurs insèrent une nuée d’effets numériques qui au bout d’une heure provoque une certaine lassitude. 

 

Un long métrage qui, entre les mains d’un réalisateur plus créatif, aurait pu se rapprocher des œuvres majeures du genre.

 Si Thanos est en effet la grande attraction de ce 19e film du MCU, il en est aussi un point négatif. Le titan prend tellement de place dans cet épisode de transition qu’il annihile complètement les personnalités de ses opposants. 

Les Avengers sont presque des coquilles vides dépourvues de personnalités et qui errent sans véritable but ni enjeu. Ils sont plus des robots qui s’activent sans grande motivation dès que le titan fou entre en scène.  

Heureusement que certains ont été développés dans un film solo auparavant car sinon l’émotion pour le spectateur de retrouver ses héros préférés aurait été inexistante. 

 

On reprochera en plus d’un manque de profondeur, un scénario opportuniste (le rendez-vous l’année prochaine pour voir si tout va bien) qui s’évertue à caresser le spectateur dans le sens du poil sans lui offrir de vrais moments épiques afin qu’il revienne quand même l’année prochaine. C’est simple, il n’y a vraiment que deux scènes qui injectent une certaine tension au niveau de la narration (et encore on est gentil).

Jamais « Infinity War » ne monte vers de véritables envolées épiques qui feraient sauter les spectateurs de leur siège.

 

Ajouter autant de super-héros dans un seul film était déjà une tâche difficile mais Marvel réussit à offrir un film qui en met plein la vue au détriment d’un univers sombre, d’un scénario fouillé et qui ne prend aucun risque (normal nous sommes chez Marvel).

 

« Avengers Infinity War » se hisse facilement dans le haut du panier des productions Marvel grâce à un spectacle généreux, des effets spéciaux globalement maitrisés et son méchant bien travaillé. Mais il est également à l’image du studio, lucratif, sans prise de risque ni tension, sans inventivité de mise en scène et sans impact émotionnel.

Un bon Marvel mais pas le plus grand film de super-héros. 

 

 

Note: 7/10

 

Julien Legrand – Le 7 mai 2018

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